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Israël - Un boycott légitime

Israël - Un boycott légitime

mercredi 30 novembre 2016

Pour le BDS universitaire et culturel de l’État d’Israël.

L’idée même d’utiliser le boycott de la culture et du savoir comme moyen de pression politique provoque la perplexité, la réticence ou même le rejet. L’université et la culture seraient par nature situées au-delà des querelles politiques. Leur boycott constituerait une atteinte à la liberté universitaire et à la liberté d’expression, libertés fondamentales de la recherche et de la création. Il démolirait les ponts de dialogue et les échanges pacifiques que sont l’université et la culture. Et finalement, un tel boycott s’attaquerait à des individus qui se trouveraient injustement stigmatisés.

Composant essentiel de la campagne mondiale Boycott Désinvestissement Sanctions (BDS), le boycott des institutions universitaires et culturelles israéliennes, malgré un nombre croissant de soutiens partout dans le monde, reste méconnu voire ignoré en France.

Pour l’État d’Israël, la principale source d’exportation vers l’Occident n’est pas faite de mandarines ou d’avocats, ni même d’armement ou de systèmes sécuritaires : l’essentiel, c’est la promotion d’une image, celle de l’ « énergie créative » pour tout ce qui touche à la culture.

« Les produits israéliens comme la littérature, la musique, la danse, le cinéma, l’art, la gastronomie, la science et les technologies, l’architecture et l’histoire sont des domaines culturels susceptibles de toucher les publics cible, particulièrement en Europe » explique un ex-député du parti de gauche Meretz.

Or cette vitrine culturelle, comme le prestige international de l’université israélienne, masquent une tout autre réalité : les liens entre cette université et l’institution militaire, le rôle de l’université dans la recherche de nouveaux outils de combat et de renseignement, la discrimination des étudiants palestiniens, l’absence de protestation contre les guerres menées à Gaza… Et l’évidence que les écrivains, artistes et cinéastes du soi-disant Camp de la paix, d’Amos Oz à Amos Gitaï ou David Grossman, ne sont que des dissidents officiels tout à fait inoffensifs.

C’est cette réalité-là qui explique le succès exponentiel du boycott académique et culturel dans le monde entier – et les réactions très vives du pouvoir israélien contre ce qu’il considère désormais comme une « menace existentielle ». Ce boycott ne concerne pas les personnes mais les institutions et ceux qu’elles soutiennent. Il n’est ni un obstacle au dialogue, ni un frein à l’action d’une « gauche sioniste » muette et paralytique. Il est un mode de résistance pacifique et parfaitement légitime.

Armelle Laborie

  • Productrice de films pendant de nombreuses années, a également travaillé dans une agence de communication.

Eyal Sivan est un cinéaste israélien. Parmi ses derniers films :

  • Route 181, fragments d’un voyage en Palestine-Israël (coréalisé avec Michel Khleifi, 2003),
  • Pour l’amour du peuple (coréalisé avec Audrey Maurion, 2004),
  • Jaffa, la mécanique de l’orange (2009),
  • Un État commun, conversation potentielle (2012).

Pour en savoir plus - La Fabrique Édition - Un boycott légitime

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